des mots sur…

A mi-chemin entre art contemporain et artisanat, ces oeuvres sèment le trouble : un doute, s’installe quant à la nature et au dessein de leurs compositions souvent ressenties comme ce qui pourrait être une reminiscence d’objets de voyages rapportés de contrées lointaines (objet de cultes, receptacles, parures…), un déjà -vu confondant. Pourtant ces créations ne s’inscrivent pas dans une démarche de récupération d’objets et ne bénéficient donc pas de leurs charges affectives.

Du materiaux brut, c’est là que tout commence. Des gestes minutieux, souvent répétitifs permettent peu à peu de donner une consistance aux matériaux et à l’envisager autrement lui procurant ainsi une qualité tactile et émotionnelle forte. A bien y regarder on s’aperçoit rapidement, que l’usage de materiaux dit «pauvres et courants» (papiers, tissus, scotch, éponge…) et la manière de les assembler rendent tout usage pratique presque impossible.

Peut-être faut-il simplement y voir des repères rassurants quand nos sociétes occidentales contemporaines ont comme objets de culte trophés et médailles, emblêmes de réussite et de surpuissance ?

Receptacles des âmes nomades, des penseurs décalés, grigris affectifs, invitation à la danse ou à l’introspection, signalétiques des sens, abris confortable … c’est peut-être juste une idée de tout ça en même temps et une invitation à regarder ailleurs, un goût pour l’exotisme.